Notre homme a 31 ans et fait parti des perles grenobloises qui ont réussi à se hisser au rang international. Il s’agit de Zalem Delarbre, -ou Rudi pour les intimes-, multi-instrumentiste devenu progressivement ces dernières années une référence dans son domaine de prédilection: l’électro-didge. Sa marque de fabrique personnelle ? Le mariage du didgeridoo et du beatbox. Présentation !
 

Retour aux origines : naissance de l’artiste

 

zalem delarbre- scène locale grenoble - didgeridoo - beatbox - musicngre - music'n'gre - portrait de l'artiste Zalem

Zalem a 10 ans, et fait un voyage en Australie. Le didgeridoo, qu’il rencontre alors pour la première fois, semble lui faire les yeux doux. Ça sent le coup de foudre à plein nez. Son cœur s’emballe et pourtant, il attendra quelques années avant de tenter l’aventure puisque c’est à 17 ans, -en 2002-, qu’il souffla enfin dans le tube. L’expérience s’intensifia grâce au partage avec d’autres joueurs, mais aussi de part le festival « le Rêve de l’Aborigène » et la rencontre avec Gauthier Aubé, qui lui ont permis de progresser.

Et le beatbox, alors ? Il le découvrit alors qu’il jouait déjà depuis 4/5 ans. Inspiré par cet aspect de la pratique similaire au didg (techniques de respirations), il devient une évidence à ses yeux de la mélanger à son instru. Bingo. Très complémentaires, ces deux pratiques réunies deviennent une source d’inspiration inépuisable, s’alimentant l’une et l’autre : « A chaque fois que je bosse du beatbox, je découvre de nouvelles choses avec le didge, et vice-versa… » Il travaille alors ses bases techniques et son univers musical commence à se construire.

 

De la scène locale à la scène nationale

Zalem arpente alors les différentes salles grenobloises (Bobine, Bifurk, Ampérage…) de nombreuses fois. Ses premières scènes ? « Grâce aux copains de Djemdi, qui m’ont invité plusieurs fois sur leurs morceaux. Ce fût d’incroyables expériences ! ». Le souvenir grenoblois le plus marquant reste néanmoins visiblement la scène du Summum en 2006, lors d’une soirée d’hommage à Bob Marley, devant un public de 4000 personnes. « C’était tellement puissant, j’étais comme un gamin ! Ça a vraiment participé à mon envie de faire de la scène… ».

Puis les choses prennent rapidement plus d’ampleur encore. En 2007, il entre dans le groupe JMPZ et enregistre avec eux leur 3e album, Sound Aslyum (sorti en 2008). Un tournant important puisque la notoriété acquise à ce moment-là lui permet de cesser ses études et de devenir intermittent du spectacle, vivant alors de sa passion. Il enchaîna ensuite les collaborations (Wadhom, Tribal Dance, Milanga…) lui permettant de faire connaître sa musique et de la faire grandir en bougeant aux quatre coins du monde au fil des tournées.

Zalem Delarbre - grenoble - musique - didgeridoo - scène locale - musicngre - music'n'gre

Avec JMPZ.

Un travail d’expérimentations

Le travail de Zalem s’articule autour de multiples expérimentations, dont les trouvailles sont à l’origine des morceaux. Malgré toutes les sonorités déjà exploitées, l’artiste reste convaincu que le potentiel de son instru réserve encore bien des surprises : « La seule limite de l’instrument est notre limite en tant qu’être humain. Le didg est un résonateur/amplificateur/déformateur des sons venant de notre bouche… ». Autrement dit, les ressources de son instru dépendent de sa créativité, et pour le coup, celle-ci n’est pas en berne.

Posé au calme à la recherche de nouvelles vibrations, l’artiste cherche alors à créer des histoires qui permettront une évasion au public. « Mes morceaux sont construits comme des histoires, ou se déroulent plein d’aventures. J’ai du mal avec la musique monotone ». Le rêve est alors empli de montagnes russes émotionnelles, ou s’alterne sérénité et violence : les différentes intensités provoquent aisément des émotions chez l’auditeur. « La puissance du didgeridoo réside dans les basses et fortes vibrations qu’il transmet », précise-t-il.
 

 

Zalem aujourd’hui ?

Aujourd’hui, Zalem est (pré)occupé par de nouveaux projets.

On ne peut que citer déjà son duo avec la joueuse Adèle, formé en 2013, qui fût une rencontre « aussi soudaine qu’intense » pour Zalem. Après Urban Tree (2013), la collaboration demeure toujours une véritable source de plaisir pour l’artiste qui affirme que cette « collaboration est un vrai bonheur ». Pure Pulse, leur 2e album, sort en mai de cette année et confirme leur succès en les embarquant pour les States au mois prochain.

Mais la carrière solo de Zalem n’en est pour autant négligée et demeure très importante à ses yeux. En juillet dernier est sorti Holodidg, son premier album en solo entièrement en acoustique. Une jolie vue de Grenoble sur la pochette d’album, sans doute pour un rappel aux origines ?

Dans un autre genre, le projet Vibration Visuelle l’allie à Bertox, magicien/jongleur. Après 4 ans et plus de 120 dates au compteur avec Vivi, ils se lancent dans la création d’un second spectacle. Enfin, nous le retrouvons ces derniers mois aux côtés du pianiste Jean-Claude Guerre dans le projet Charlie Charlot, un ciné-concert sur des courts métrages de Charlie Chaplin. Le challenge est relevé…

 

On retrouve Zalem sur :