Le troisième album de Collapse en exclu, ça ne pouvait pas passer inaperçu dans Music’n’Gre. De sortie le 20 janvier, l’album a pu enfin voir le jour grâce à une campagne de financement participative plus que réussite. Voyons ce qu’il en est …
 
The Sleep in Me, ce sont 7 titres enregistrés au Prunier Sauvage en la compagnie d’un nouveau venu, Vincent Coutellier, pour y apporter « piano, synthé, Xylophone et Marimba », d’après ce qu’il est écrit sur la pochette. Ça promet. Pour ceux qui ne connaissent pas la formation post-rock grenobloise, il suffit de savoir que l’art de Collapse se situe dans la manière de créer des ambiances représentant à elles seules, sans aucun chant, une histoire à part entière, tout en laissant libre cours à l’imagination de son auditeur. The Sleep in me semble avoir précieusement conservé cela…
 
La première chose notable est sans doute le graphisme de la pochette d’album. Épurée, délicate et angoissante, assurément surnaturelle, elle semble en lien avec les titres annoncés… En effet, « The mental room », « A labyrinth in the void », et même « Horla » (référence directe à la nouvelle ultra-connue de Maupassant), annoncent des univers étranges, glaçants même. Mais c’est un album bien moins sombre que l’on peut imaginer que l’on retrouve ici.

 

collapse-sleep-in-me-albumOpening Wound ouvre le bal avec une ambiance lourde, qui s’envole pourtant rapidement avec un jeu de guitare typique du groupe. Attendu, le piano arrive à point, réellement bien intégré, suivi d’un solo guitare délicieux, -bordel-  qui promet de retrouver une musique émotionnelle qu’on leur connait.  Une montée en puissance très intéressante dans ce titre, qui démontre d’emblée que le groupe a su bien digérer toutes ces nouvelles sonorités avec une réelle maîtrise.
 
Breathing holes, la piste suivante, est un vrai coup de cœur. Le violon qui fait son apparition dès 1’30 vient se mêler à la beauté de la composition, qui atteint ici un certain niveau. Dès 2’20, se sont carrément les frissons qui apparaissent. Les guitares font ce qu’elles veulent de nous : la progression dans le jeu des instru est indéniable.  A 5’, on pourrait croire une fin, mais une fois de plus, le rythme repart, juste vers d’autres contrées. On plane. Un véritable orchestre cohérent et émotif.  C’est LE titre à retenir pour moi.

The Mental Room, la troisième piste, fait perpétuer la finesse installée depuis le début de l’album, en flirtant avec la limite des sentiments enjoués et d’autres plus nostalgiques et sombres. L’équilibre semble avoir été trouvé pour le groupe. A labyrinth in the void, quant à elle, peut surprendre. Triste et légère à la fois, elle semble raconter une histoire un peu loufoque ; on se croirait presque en train de lire un roman de Matthias Malzieu. Féérique et bizarre, le morceau se détache du reste de l’album et fait sourire. L’explosion de la guitare à 4’25 finit de nous donner ces étoiles plein les yeux.
 
Horla impose un changement d’ambiance radical : la présence de la voix surprends tout à fait et nous invite dans un voyage flippant et décalé. « I’m your madness », « I’m your mental room », « Your fear, your deepest fear… » voilà ce que cette voix d’aliéné nous susurre à l’oreille. Les paroles sont clairement angoissantes, le peu de sonorités électroniques l’accompagnant le sont également. 2’32 de morceau parlé, tel une lecture de conte morbide et fantastique.  « Open your eyes now. Open them… » Brrr.

Closer to the end et Sleep for me (le plus long, 11mn), les deux derniers titres, offrent un ensemble lumineux, avec une guitare que l’on n’arrête plus dans ses élans. Toujours aussi planant, ils offrent une belle conclusion à l’album.
 

 
Dans l’ensemble, voilà un Collapse bien moins sombre que son dernier album, mais qui n’en perds pas sa profondeur, restant toujours aussi énigmatique, abstrait, pénétrant. Un 3e album qui démontre la montée d’un cran en qualité de composition, donnant naissance à des morceaux moins répétitifs, plus variés, et surtout, l’intégration de nouvelles sonorités qui parvient à former un Tout plus cohérent, efficace et maîtrisé.
 
On retrouve le groupe au bar le Mark XIII de Grenoble le 20 janvier pour une première écoute de l’album, mais aussi lors de leur release party aux côté de Féroces, Vercors et Nohoï le 4 Février à l’Ampérage pour une soirée concerts 100% Post-rock. Music’n’Gre y sera présent.

"The Sleep In Me", le troisième album de Collapse
6.7Note finale
Plaisir à écouter 7
Originalité 6.2
Technique 6.8
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