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Le coup de cœur de la Cuvée Grenobloise 2018, qui avait conquis le jury à l’unanimité fin 2017 avec son titre « Si tu savais », revient avec un 2e EP bientôt de sortie , « Coupable ». Le premier extrait, « On l’avait vu venir », témoigne d’un projet qui marque un certain tournant sur bien des aspects pour la jeune formation grenobloise …

 

« On l’avait vu venir, la mort se fondait dans ton ombre… » « On l’avait vu venir », sorti le 23 octobre, semble aborder le sujet délicat de la mort. Des textes tendres et crus à la fois, qui vous enveloppent sans prévenir dans une mélancolie parfois brutale, telle est la recette cultivée par les No Tearz depuis leur formation courant 2016. Le titre nous plonge une fois de plus dans cette douceur acerbe et si particulière… Et pourtant, il est celui qui relie deux projets très différents : un premier EP en anglais, « Vomit », ce premier jet créé dans l’ombre, et ce prochain album, « plus lumineux, plus ouvert », qui présente bien des évolutions.

 

 

 « Une formule qui nous ressemble »

Bien des choses ont en effet changées depuis la sortie des 5 titres de « Vomit » en 2017. De la composition des morceaux, à la composition du groupe lui-même, No Tearz affirme donc qu’il  « change cruellement de délires », tout en parvenant à « trouver une formule qui [leur] ressemble ».

S’ils jugent ce projet « beaucoup plus réfléchi et maturé », c’est d’abord grâce à des rencontres décisives. En effet, le duo a cédé à la tentation du trio, en intégrant Hugo comme un membre à part entière du projet (synthé)… puis à celle du quatuor, avec l’arrivée de Bacdav, ingé son mais aussi beatmaker qui assure le mixage de l’album en cours.

 

no tearz

© Loïg Garcia

Une nouvelle formule qui ne va pas sans bousculer les influences musicales de No Tearz, désormais plus variées et affirmées. Des « délires un peu pop » de Hugo avec son fidèle synthé, aux envies trap & RNB des autres, la composition s’est donc ouverte à de nouvelles possibilités, flirtant même avec des « ambiances orientales ici et là ».

L’apport de la batterie, absente de « Vomit », et le passage du chant en français pour Wanda sont pourtant peut-être les changements les plus impactant pour le prochain EP. Aspirant à quelque chose de plus intime, mais aussi de plus rythmé, No Tearz semble donc toucher du doigt l’identité affirmée à laquelle ils aspirent.

 

« Jusqu’où je me sens sûre de moi »

Paraissant plus libres, et dessinant une personnalité toujours plus aiguisée, la jeune formation annonce donc un nouvel EP assez différent du premier. Cependant, le groupe n’oublie pas ses « racines » : « Si tu savais, c’est le morceau le plus représentatif de ce que l’on veut faire ». Jérémy, lui, rassure les futurs auditeurs : « on est toujours dans cette sorte de ‘planance’… »

Tout laisse penser alors que la plus grande différence, dans le fond, réside finalement dans la prise de confiance progressive des musiciens en leur musique. Ces intentions d’explorations et de lâcher-prise permettent d’ailleurs d’approfondir le travail d’introspection mené par Wanda, qui souhaite aller plus loin dans la prise de risques aujourd’hui.

 

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Pochette de l’EP en devenir © Loïg Garcia

En plus de s’être essayée à des instrus parfois loin de son domaine de compétences, en se penchant par exemple sur l’utilisation du synthé « au pifomètre, en apprenant sur le tas », elle a décidé de laisser tomber l’anglais. Fini. « Faire sonner l’anglais est facile, mais il faut oser se mettre à poil en français ».  

 

« Faire sonner l’anglais est facile, mais il faut oser se mettre à poil en français ».

 

Les textes, déjà très personnels, ne pourront donc que raisonner plus fort. Les graines de No Tearz germent donc doucement sous le soleil et la pluie grenobloise, et continuent de grandir, grandir … Jusqu’où ? Wanda réponds : « Jusqu’où je me sens sûre de moi ».
Le plus loin possible alors, espérons-le…