Au sein de la Compagnie, il travaille depuis vingt ans ans maintenant à monter des spectacles, des concerts, des bals, une kermesse foraine… Avec comme élément central la musique… et le jeu ! Rencontre avec Marcel Morize, un des «saltimbanques » (comme il aime à se décrire) de la compagnie grenobloise Les Zinzins.

 

Comment s’est formée la compagnie Les Zinzins ? Avec quelles envies ? Quelles influences ?     

[Marcel Morize] : Les Zinzins est une vieille compagnie, elle date de 1998.[…] On était plusieurs fondateurs, entre comédiens, techniciens, moi [Marcel Morize, ndlr] j’avais fait une formation en musicothérapie, Rémi [Petitprez] est musicien de formation et Ginette [Royannais] est costumière.[…] C’était une époque où il fallait que ça sorte ! Ça bouillait en nous, comme une envie de régler nos comptes avec le monde, quoi. On s’est posé la question de savoir comment faire sortir tout ça. On a fini par choisir cet outil-là : la musique, le jeu, l’art de rue…[…]

Par exemple, Homo sapiens [création 2017] est un projet qui mûrissait depuis longtemps. C’est parti des questions autour des origines de l’Homme … On s’est dit « Mais on est sûr de rien ! » et donc on a remis ça en perspective avec plaisir et humour. Les événements de « Charlie » ont accentué ça. On s’est dit que nous aussi on allait donner notre version de l’origine et de l’évolution de l’Homme…Y a pas de raison !

 

Homo Sapiens par Les Zinzins © Mylène Vijettes

On peut dire qu’il y a une dimension sociale dans ce projet. Les spectacles sont un peu comme des outils pour nous au service du sens, pour exprimer au plus près de soi ce qu’on ressent. Et puis aussi l’idée est d’y aller avec dérision […]

On fait aussi des vraies fausses émissions de radio dans la rue ! Elles sont assez décalées… Un peu à la Deschiens

 

On voit beaucoup d’impro et d’art de rue dans vos concerts, c’est une de vos influences ?

On en fait toujours beaucoup ! En fait, ça dépend des projets. Sur Homo Sapiens, on est deux… On est parti sur une thématique et en gros Rémi a fait la musique et moi l’écriture des textes. Ensuite, on a fait pas mal d’impro pour l’interprétation de la thématique et on s’est pas mal documenté aussi parallèlement. Mais même deux ans avant la sortie de résidence, la musique était écrite.

Sur les duos, on est un peu comme Laurel et Hardy… Il y a quelque chose qui fonctionne merveilleusement bien ! Soit on a la musique et on part de là pour trouver un sujet, soit on a une thématique et on la met en musique !

On a monté aussi une branche, le collectif La rue Z  pour les projets d’art de rue, notamment un projet à l’international, en Albanie.

 

les zinzins grenoble disco z

Marcel en plein spectacle « Disco-Z »

C’est assez hybride alors comme processus de création ?

Sur le travail de création jeune public, c’est tout de même la musique qui nous tient. Rémi est un super musicien, moi je compose beaucoup. Après on va aller chercher plus loin dans l’interprétation […]

C’est ce que je disais tout à l’heure, c’est une histoire de choix des outils… Je ne me sens pas plus musicien que comédien… Je me sens plus saltimbanque ! C’est ce que je dis à mon fils ![…]

 

Je ne me sens pas plus musicien que comédien… Je me sens plus saltimbanque !

 

On a une multiplicité de choix dans nos outils. On organise un festival d’art de rue, une fête des gosses avec les Barbarins Fourchus devant la Salle Noire, on fait des émissions radio, un parcours de migrants dans l’espace public. On reste toujours dans la représentation, dans le jeu ! Jouer, ça remet à l’endroit, ça redonne du sens. Ça me dit pourquoi je suis là !

 

C’est quoi votre actu ?

Le bal Disco Z continue à tourner un peu partout… Le concert de doigts Moa pour les tout petits aussi… On a aussi un spectacle de rue, ça s’appelle Monstres ! On est dans une énorme cage à fauves. On l’a travaillé à Aurillac cette année, en sortie de résidence.

 

 

[…] Après on est sur des projets d’actions culturelles. Par exemple, on fait des émissions de radio, avec les écoles et radio Kaléidoscope. Les enfants créent une émission de radio avec des interviews, des extraits musicaux, on crée une chanson tous ensemble. Nous, on est là mais toujours dans le jeu… Moi je suis Monsieur Truc ![…]

[…] Pour les adultes, on était invité sur un gros festival de rock, on s’est installé avec une caravane et on a créé la plus petite boite de nuit du monde… On fait du grand n’importe quoi… On leur fait faire la chenille…  D’ailleurs pour les 20 ans des Zinzins on avait créé Le Grand Barouf avec les Barbarins Fourchus. C’est une fête foraine avec la caravane boite de nuit, un manège etc… on aimerait bien faire tourner aussi ce projet. Voila, c’est assez riche finalement !

 


 

Pour en savoir plus : Le site internet de la Compagnie Les Zinzins