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ATEA Prod est une société de production musicale grenobloise qui existe depuis plus de 15 ans. Ils accompagnement, parmi leurs petits protégés, des artistes comme Arash Sarkechik, Sumac Dub, le Bonk ou The Summer Rebellion. Leur mission ? Faire aboutir une passion professionnelle : accompagner des projets artistiques à se révéler au public. On a voulu les rencontrer pour comprendre un peu mieux les enjeux d’une telle société, maillon indispensable à la visibilité de la scène locale.

Rencontre avec Julien Mouroux, l’un des deux fondateurs…

 

Qu’est ce que ça veut dire pour toi être producteur ou développeur d’artiste ?

Alors, ça…  c’est notre boulot depuis 15 ans ! C’est, comment dire… créer un environnement, un réseau autour d’un projet artistique qui soit cohérent entre plein d’acteurs : les labels, les bookers, les salles et les festivals, les journalistes et surtout un public… Notre but est de favoriser la rencontre entre les artistes et leur public.

Dans cette quête, je dirais, il y a la nécessité pour une boite de prod comme ATEA Productions de construire au long court des partenariats. Ils se montent entre les groupes, nous et les autres pôles que constituent l’environnement professionnel d’un artiste : création d’un discours autour de l’artiste, production d’un album et sa distribution, gérer la couverture médiatique…

Toutes ces étapes permettent de créer une stratégie d’accompagnement et de développement pour monter des tournées en France et à l’étranger. C’est à cette étape-là, qu’un producteur intervient : à l’interstice de tout ce monde-là.  L’idée est de créer des partenariats tout au long d’un projet.

 

« Notre but est que l’artiste grimpe et surtout qu’il puisse rencontrer son public. On sait que certaines esthétiques ne feront jamais des Zenith ou sur des radios mais on veut qu’ils puissent avoir un public ou un réseau. »

 

Comment se passe la sélection des groupes que vous accompagnez ?

On est deux dans la structure [ndlr : Julien Mouroux et Marc Bentégeat] et on s’est donné quatre critères qui vont faire qu’on va suivre un groupe.

Le premier est le coup de cœur bien sûr ! On passe notre temps à écouter de la musique, soit en live sur des festivals ou dans les salles avec qui ont a pas mal de lien, ou tout simplement à la radio ou sur internet. Notamment sur la plateforme Groover. On essaie souvent d’aller voir en live les groupes quand c’est possible et on voit ensuite si on leur fait une proposition.

En deuxième lieu, on va étudier l’économie du projet : quel modèle de tournée ? Est-ce qu’il y a un réseau suffisant autour d’ATEA ou du groupe pour faire passer les relais ? Est ce qu’il y a déjà un public constitué ? Un accompagnement par une salle ou un festival ?

 

 

Ensuite la motivation du groupe. C’est de plus en plus important ça : est-ce que le groupe se bouge ? Si le groupe considère le booker comme un prestataire de services sans rien faire à coté, ça ne construit pas un partenariat viable. Ça ne le fera pas. On travaille main dans la main. Il faut qu’on apporte tous les deux des choses au projet pour le faire grandir. Tout le monde est gagnant : le groupe, le label, le booker, les salles et festivals qui accompagnent.

Et enfin l’humain : c’est une relation qui se construit petit à petit d’accompagner un projet. Si on signe un artiste, on commencera qu’au bout d’un an à investir réellement de l’argent et du temps. La première année sera consacrée à faire un bilan autour de la motivation, de l’humain, de l’économie. Pendant cette année on prends le temps de faire le diagnostic pour construire des outils et des résidences pour ensuite arriver à une tournée. On rend visible dans nos réseaux le projet en en parlant, on sent le truc, on met des options…

Notre but est que l’artiste grimpe et surtout qu’il puisse rencontrer son public. On sait que certaines esthétiques ne feront jamais des Zenith ou sur des radios mais on veut qu’ils puissent avoir un public ou un réseau.

 

« Si le groupe considère le booker comme un prestataire de services sans rien faire à coté, ça ne construit pas un partenariat viable. Ça ne le fera pas. On travaille main dans la main. Il faut qu’on apporte tous les deux des choses au projet pour le faire grandir. »

 

Qui sont les groupes que vous accompagnez ?

On a des artistes qui viennent de partout foncièrement : des locaux (Arash Sarkechik notamment, Sumac Dub, ou encore Nalya Jo de The Netx Tape), des nationaux ou internationaux (deux groupes sont belges dans le catalogue actuel). On n’a pas d’artistes du continent africain ou sud-américain…

 

« On n’a pas tous les corps de métier à Grenoble pour créer un environnement complet mais en tout cas on a les capacités de mutualiser les compétences et les connaissances pour le créer et le mobiliser. »

 

Quels seraient tes conseils aux groupes qui veulent se développer ?

Alors, pour qu’un groupe accède à la signature d’un accompagnement avec un boite de prod, il faut qu’il y ait déjà un minimum de dates ou de compo. Il faut qu’on voit qu’il y ait une base minimum pour qu’on puisse y apporter quelque chose. On n’est pas magicien. On est tellement sollicité que si le groupe n’a pas un discours travaillé et une motivation forte, c’est sûr qu’il n’y aura pas de partenaires. C’est un sujet qui revient pas mal dans les réseaux régionaux etc…

Nous on bosse beaucoup avec le national et l’international pour trouver des dates. Et on s’aperçoit qu’à Grenoble on est une myriade d’acteurs, voisins les uns des autres mais on ne connait pas la totalité des actions et des projets de tout le monde… Je ne connais pas toutes les compétences de tout le monde. Quelles passerelles peut-on monter au fur et à mesures ? Et c’est en ça que le réseau peut être un bel outil. On n’a pas tous les corps de métier à Grenoble pour créer un environnement complet mais en tout cas on a les capacités de mutualiser les compétences et les connaissances pour le créer et le mobiliser.

 

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► Site internet d’ATEA prod

 


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