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Depuis déjà un paquet de temps, la culture populaire nous fait un méchant retour vers les années 80-90 en mode « c’est bon les 2,21 gigawatts avec ma Zoé rechargée à fond c’est finger in ze nose Marty… ! ». Là où certains n’y voient qu’une belle occasion de ressortir tous leurs travers musicaux et vestimentaires douteux, les petits gars d’Influence Néfaste et Shinken s’engagent dans la brèche et nous sortent un petit split hardcore des familles, histoire de rappeler que cette période ce n’était pas que de la soupe populaire et des fringues qui rendraient épileptiques Gilbert Montagné… En tous cas moi, ces années-là, c’est en DeLorean que j’y retourne et fuck l’indice carbone de l’engin !

 

Car oui, les années 80-90 ont été de formidables décennies, notamment dans la musique, pour peu que l’on regarde un peu sur le côté et sans s’arrêter trop vite sur la bouillie FM, standardisée et à usage unique, dont on nous rebat les oreilles actuellement sans aucun sens du recul ou même du ridicule. Et c’est plutôt vers ces seconds couteaux que se tournent nos petits Grenoblois, chacun avec leur styles et leurs références mais avec la même volonté de témoigner qu’une alternative est possible à tous points de vue.

En choisissant le format split album, on se retrouve déjà dans une pratique qui, à une époque, permettait à 2 groupes de partager chacun une face d’un vinyle, histoire de mutualiser les efforts et profiter chacun du réseau de l’autre. Pas de featuring ou de compétition machiste et égotiste mais juste le partage et l’alliance des forces en mode DIY.
Influence Néfaste et Shinken partagent les mêmes locaux de répétition à l’Armée des Zombies et c’est tout naturellement au local que se font les prises avec un petit rab au Ciel. Pas vraiment l’ambiance résidence proprette dans une SMAC subventionnée et l’on retrouve un son sans fioritures qui talonne un peu sur certaines fréquences mais c’est de l’auto-prod donc rien de scandaleux.

L’artwork est vraiment magnifique dans ce style vieux fanzine finit à la photocopie et aux ciseaux. C’est une réussite et à l’époque du photoshopage et des filtres à tout va, un peu d’huile de coude sur une pochette ça fait plaisir (même si je ne suis pas naïf au point de penser que St Photoshop n’a pas mis son nez dans cette histoire mais quand c’est fait avec goût et une direction artistique…). L’ensemble rend un bel hommage à une époque où la culture se faisait de la main à la main à base de mixtapes recopiées patiemment et de magazines papiers que l’on s’échangeait entre initiés. Dans cette période de culture en mode Covid, plus pertinent tu peux pas !
 

Influence Néfaste

©Guillaume Seyller


 

Influence Néfaste : le pas de côté culturel nécessaire

1° face : Influence Néfaste qui se place de lui-même du côté punk de la force. Pour ma part, j’y retrouve l’esprit brut et immédiat de groupes 80’s comme Black Flag, Minor Threat ou même Dead Kennedys. Un son de guitares moins agressif, des rythmiques plus simples en 4 accords et une volonté de casser les codes : chant en français, solo de saxophone sur « Ville écarlate », ambiance nihiliste dans les paroles, le tout en 2 minutes 20 max ! Quelques gros coups de poignets des guitaristes et une batterie ultra efficace dans ses changements de rythmes entre 2 roulements finissent de donner un côté plus moderne et énergique bien en place ! On a véritablement l’impression de se retrouver face à des musiciens connaisseurs de leur scène, référencés dans leur jeu et respectueux de ce passé musical qu’ils cherchent à mettre à l’honneur tout en le réinterprétant.
 

Shinken maintient le flambeau

2° face : Shinken, des vieux de la vieille, si l’on peut dire, avec 10 ans au compteur sur la scène punk hardcore locale et 20 ans d’activisme musical dans diverses formations de Insight à Chocolate Pain, en passant par l’asso Black Yéti. Le groupe a adopté dernièrement un format trio bien carré (la bonne blague !) histoire de se concentrer sur l’essentiel : le taquet derrière la tête en mode livraison express.

Ça lorgne clairement vers le hardcore 90’s à la Sick of It All, 25 Ta Life ou Gorilla Biscuits. Les mecs sont carrément bavards avec des titres dépassant les deux minutes trente mais cela permet aussi de développer quelques idées et plans rythmiques bien sentis, mettant en avant une excellente dynamique entre les trois instrus. On sent que ça a bossé les mises en place et les compos pour faire dans l’efficace sans tomber dans le bas du front… Pas vraiment dans la finesse au niveau mélodique avec Ben au chant-guitare qui fait dans le roquet enragé qui va mordre tes petits tibias dans le pit si tu t’approches. Au final, ça donne juste envie de faire deux ou trois moulinets et de balancer la jambe un peu haut : le but est atteint et bien atteint !

Shinken

© Gaelle Brunet

La première qualité de ce projet c’est d’abord sa cohérence et sa volonté de prendre à rebours les codes actuels de la musique sans faire dans le passéisme. Ici, ça sent la salle de répète où tu en chies avec tes potes pour mettre en place ta musique mais aussi ton identité. Une volonté de faire les choses dans le bon sens et sans brûler les étapes ou prendre les raccourcis faciles que permettent les technologies actuelles…
Pas de beat maker, de gars qui vient te corriger la voix avec un logiciel ou te faire sonner comme dans un stade alors que tu es dans 10m2 seul face à ton ordi. Pas de jérémiades parce que ta dernière vidéo insta n’a pas fait de vues ou de photos cools avec les bonnes fringues et la dernière ref à la mode mon cul. Bienvenue dans les 80’s-90’s où faire de la musique c’était aussi un truc humain, engagé, réfléchi et authentique et pas juste des sons analogiques moches, un dress code douteux et le m’as-tu-vuisme le plus abouti et le plus creux qui soit. Un split à écouter et à soutenir ne serait-ce que pour le geste en plus du plaisir musical.

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