Que ceux qui n’ont jamais lu ou vu « Shining » se fassent connaître et se taisent à jamais ! On évitera ainsi les méprises à propos du changement de nom de ce qui fut pendant des années le Mark XIII, et qui est devenu depuis ce 31 octobre le REDRUM. Mais qu’est-ce que ce changement de nom implique vraiment ? Une rencontre avec Luc Andriot, gérant de l’emblématique bar underground grenoblois, et Laurane Pacitto, en charge de sa communication, nous ont permis d’en avoir le cœur net… 

 

Non, le propriétaire n’a pas oublié le « h » de rhum, et non, il ne compte pas transformer ce haut lieu des cultures undergrounds grenoblois en club de zouk love. Qu’on se le dise … Seulement, cinq années après avoir repris le Mark XIII (appartenant à Aymeric Ponsard du Keep it Weird), Luc s’est dit qu’il serait peut être temps de faire s’ « approprier le lieu avec son identité ».

 

« M’approprier le lieu avec mon identité »

Voilà ce qu’implique surtout ce changement de nom pour Luc Andriot. Grâce à cette référence plutôt explicite au film d’horreur emblématique de Stanley Kubrick, celui-ci n’incarnera plus la marque de son ancien patron, et deviendra l’expression libre d’une identité propre.

 

mark XIII - redrum grenoble - bar grenoble - cafe concert grenoble

Luc dans l’ombre de son bar

Il est pourtant conscient que ce changement de nom a pu provoqué des questionnements auprès de sa clientèle : « Certains avaient malgré tout peur que l’on dénature le lieu en changeant de nom ». Après tout, cela aurait été bien possible. Mais ce dernier rassure : « Notre but, c’est de poursuivre ce qui a été commencé et de le faire évoluer, pas de tout changer ! On va garder notre identité ! »

 

« Certains avaient malgré tout peur que l’on dénature le lieux en changeant de nom. On a même eu un client pendant les travaux qui nous a dit qu’enlever le Mark XIII c’était comme enlever la Bastille de Grenoble ! »

 

Il précise encore : « Le changement de nom en Redrum est avant tout une évolution, en partant de ce qu’était le Mark XIII, mais en le faisant évoluer … vers ce qui est plus ma personnalité » déclare-t-il, confiant. Faut-il donc comprendre que le bar, affichant déjà un goût prononcé pour les décorations atypiques, et un penchant décomplexé pour ce qui s’avère « dark », continuera d’évoluer dans ce sens ?

 

« Un cabinet de curiosité imprégné par la culture horrifique »

Oh que oui. « L’ambiance que je recherche, est un mélange de kitsch dans les objets et de retranscrire les ambiances oppressantes de certains films cultes par des clins d’oeil et références disséminées dans le bar ». L’objectif ? « Créer une sorte de cabinet de curiosité imprégné par la culture horrifique ». Le nouveau nom du bar en prend alors tout son sens ici.

 

mark XIII - redrum grenoble - bar grenoble

 

L’intention du Redrum est donc de pouvoir continuer à fabriquer cette « ambiance vieux film d’horreurs », qui parviennent d’ailleurs à séduire Luc par la sobriété et l’efficacité des scènes de tension. C’est avec la collection de clin d’oeils à ceux-ci, un peu partout dans le bar, qu’il souhaite retranscrire l’atmosphère désirée. « On veut que les gens regardent de partout et trouvent ces références… toutes ces subtilités à trouver dans le lieu… »

 

« Je souhaite retranscrire les ambiances oppressantes de certains films cultes par des clins d’œil et références disséminées dans le bar »

 

Le grand changement à venir également, c’est la transformation prévue à l’étage du bar pour le printemps. Pour cet espace, Luc semble déjà avoir une idée précise de décoration … « L’étage va encore évoluer, vers une ambiance kitcsh des années 60’ ». Pourquoi cela ? « Pour véritablement faire le décalage avec le rez-de-chaussée, et faire en sorte que cette partie du bar soit vraiment mise en avant ». Une ambiance qui plaira à la clientèle hétéroclite du bar ?

 

Redrum : un lieu toujours ouvert à tous, et même plus encore

Ces partis-pris de déco un peu sombres ne semblent cependant en rien réduire la variété de la clientèle du bar. Celle-ci a toujours, selon Luc, été au contraire très hétéroclite, principalement grâce à la programmation du lieu, qui l’est également, en passant aisément de l’électro au métal.

Mais Luc souhaite toucher toujours plus de publics différents : « On veut augmenter l’éclectisme de la programmation. Par exemple vers le dub que l’on avait jamais fait ici avec Roots’n Culture [Soirée « Dub Vibrations » du vendredi 16 Novembre]. » Des semaines avec « trois soirées minimum » continueront donc d’enflammer le Redrum, qui souhaite continuer de réunir autour de lui de nouveaux mélomanes.

 

redrum grenoble

 

Cette programmation riche et soutenue est d’ailleurs principalement constituée d’artistes locaux. Luc affirme d’ailleurs : « on a un très grand nombre de résidents, ce qui nous permet de faire varier les soirées et de pouvoir assurer cet éclectisme ». Des nouveaux, des habitués, peu importe, la richesse de la scène locale, c’est aussi ce que le bar promeut. Mais le gérant n’oublie pas pour autant d’autres plaisirs que la musique : «  nous allons continuer la promotion de toutes les formes d’art avec des dédicaces BD, des expos photos, des release party, des tournages de clips… »

 

« On veut augmenter l’éclectisme de la programmation »

 

Au final, qu’est-ce qui fédère le plus la clientèle autour du Redrum, malgré toutes les différences qu’il attire ? Pour Luc, ce sont ses valeurs. « L’accueil, la diversité musicale, la tranquilité, la différence… voilà ce que viennent chercher les gens ici ». Il ajoute : « D’ailleurs, on a encore énormément d’habitués qui continuent de nous appeler Le Mark XIII … mais les gens continuent de venir pour l’éclectisme des soirées et l’ambiance du bar. »

 

Laurane nous tiendra au courant de l’évolution du beau projet et de ses événements via les Pages Facebook et Instagram qu’elle gèrent désormais. Le duo ajoutent, en plaisantant : « Même si tout cela peut faire un peu gothique, on ne mange pas des chats habillés en noir. Venez ! »

Mais méfiez-vous quand même, peut-être que quelques références cachées pourraient vous faire froid dans le dos…

 

 

Le P’ti Questionnaire

Côté film : plutôt tendance château dans les Carpathes ou slasher movie dans une ville paumée du Texas ?

Slasher movie dans une ville paumée du Texas, direct.

 

En fin de soirée : plutôt gros métal qui tâche, techno hardcore ou soft jazz ?

Un peu des trois en fonction de la soirée et des personnes qui sont présentes… mais si c’est pour moi, gros métal qui tâche !

 

Une soirée au Redrum : c’est l’assurance d’avoir mal aux oreilles ou mal à la tête à 3h du mat’ ?

Généralement mal à la tête !

 

La semaine parfaite au Redrum, ça donnerait quoi ?

La mixité de la clientèle, pas une seule soirée qui se ressemble, et que les gens découvrent de nouvelles choses à chaque fois… Que les gens sortent de leur zone de confort.

 

Le style de client au Redrum : plutôt style hipster, métalleux à patch, ou gothique ?

Les 3 réunis avec même une touche de Hippy ! Les gens viennent vraiment comme ils sont un peu comme au McDo, pas de style vraiment prédéfinis.

 

La boisson emblématique du Redrum ?

Le JackFire mélange de whisky, de cannelle servi glacé !

 

© Le sacro-saint JackFire…

Les grands moments à ne pas louper au Redrum ?

La fête de la musique, Halloween, l’inauguration du catering qui vient d’ouvrir et Roots & Culture qui vient faire sa 1° résidence bientôt et le Nouvel An en ambiance rock !

 


 

Interview menée & article co-rédigé avec Erwan Cluster ♥

 

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