Il doit y avoir quelque chose dans les montagnes des Alpes qui rappellent les grands espaces américains. Naviguant près des mêmes rivages musicaux que Bear’s Towers, Holy Bones est un trio grenoblois qui aime jongler entre le rock’n’roll, le blues et la folk. Prêt pour un nouveau road-trip sur les routes du sud des USA, avec « Silent Scream », leur premier album studio dans les enceintes ?
 

« We know Where We Go »

“We know where we go”… Dès le titre d’ouverture, « I Will Never Know », Holy Bones annonce la couleur : l’identité musicale du projet est bien définie, bien ancrée dans leur musique. Avec comme maître-mot l’harmonie mélodique, le trio fait cohabiter une guitare acoustique, une guitare électrique plutôt bien saturée, une basse et une batterie discrètes mais indispensables, le tout avec un jeu subtil sur les silences et le rythme pour donner cette furieuse impression d’avoir atterri dans l’univers cinématographique de Sergio Leone. Voilà, le décors est planté.

 

 

Difficile de caser leur son dans une catégorie : un peu de folk à la Of Monsters and Men sur « Badlands », un peu de rock’n’roll vintage, un peu de blues sur « Don’t get Me Wrong »… Les influences se croisent, se nourrissent les unes des autres et donnent cette atmosphère unique. S’obstiner à poser une étiquette sur leur musique serait réducteur de la diversité musicale de ce projet.

Autre atout indéniable, la voix parfois caverneuse, parfois grave et vibrante de François Magnol semble raconter une histoire à l’auditeur, celle du film dont ce disque est la BO.
 

Il était une fois dans l’univers d’Holy Bones…

Je me souviendrai longtemps de la première fois où j’ai regardé « Il était une fois dans l’Ouest » avec mes parents. Malgré son statut de chef d’œuvre cinématographique de la fin des années 60, de western incontournable de l’histoire du cinéma, la première chose qui me venait à l’esprit c’est combien le film était lent. Il m’aura fallu plusieurs visionnages et du temps pour apprendre à l’apprécier.

« Silent Scream » m’a d’abord fait la même impression : 12 chansons de plus 2min30, des rythmes lents et doux, très (trop ?) peu de cassure rythmique à première vue, il me manquait de l’intensité, de l’épaisseur sonore, un peu plus de groove pour totalement prendre part au voyage. Il faut du temps, de la persévérance et accepter que l’univers d’Holy Bones dicte son propre rythme pour apprécier totalement ce premier opus.

 

 

… Mais pas que !

Quand on y prête un peu plus attention, il y a de belles surprises dans ce disque. Passée la première moitié de « Silent Scream », elles se dévoilent. Comme sur le titre « Nina » : transportant instantanément l’auditeur depuis les routes américaines à l’univers très jazzesque d’un Alex Turner de 2018, dans un album comme « Tranquility Base Hotel and Casino » -la basse joueuse en moins- des Arctic Monkeys, la chanson surprend. En même temps, que serait un bon western sans retournement de situation ? L’impression du couplet s’efface petit à petit pour au far west américain, grâce au solo de guitare qui permet au blues de reprendre ses droits.

Deuxième surprise, l’arrivée du piano comme ligne mélodique principale sur « Miss Me ». La balade piano-guitare-voix gagne en intensité par rapport au reste de l’opus. Un très beau point d’orgue pour terminer le voyage, arrivé presque un peu trop tard dans le scénario du disque.

 
Il y a beaucoup de caractère dans « Silent Scream ». Ce premier opus est une très belle création, très cinématographique, et les projections visuelles qui accompagnent habituellement les concerts d’Holy Bones seront une addition bienvenue au show. Si parfois le scénario traîne un peu en longueur, il faut savoir ralentir et respecter le rythme d’écoute pour en apprécier les subtilités.

Du coup, on se retrouve à La Bobine le 17 mai pour découvrir tout ça en live ?

 
 

Holy Bones - Silent Scream
7Note finale
Originalité7
Technique7.5
Plaisir à écouter6.5
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8.8
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