Novembre. Il pleut des cordes sur Grenoble, il fait nuit à une heure désespérément tôt et la neige n’est pas encore là. Les concerts s’enchaînent, c’est la période des tournées automnales. Conséquence directe, la fatigue est bien présente. On essaye, en parallèle, de rattraper le retard dans les sorties d’albums de la scène locale à la rédaction. Ça tombe bien, sur le dessus de la pile, la dernière création studio de Melatonin. Le premier album du groupe, « Departures » est sorti le 11 octobre 2019. Vous reprendrez bien une petite dose de l’hormone du sommeil ?

 
Le quatuor aime arpenter l’univers des rêves depuis ses débuts, grâce à sa pop onirique. C’est parti pour une nouvelle exploration auditive des limbes du sommeil…
 

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Richesse et diversité en maîtres-mots

Après la première écoute, il est difficile de concilier la pochette de l’album, presque uniquement monochrome, avec l’arc-en-ciel de couleurs que les 7 titres évoquent dans notre esprit. Parfois joueurs (« Mumbo Jumbo »), parfois aquatiques (« Noctyl »), parfois presque inquiétants (« Dismal #1 – Water Monsters »), les songes de « Departures » sont loin d’être binaires. Les influences du groupe sont nombreuses, oscillant entre la folk, le rock, l’électronique et la pop et l’on retrouve cette richesse musicale dans la composition. Les pistes passent allègrement des nappes de synthés épaisses, à la guitares électriques, au piano, à la guitare acoustique, aux beats électros. C’est là l’une des plus grandes réussites de « Departures » : la diversité des horizons musicaux ne nuit pas à l’harmonie musicale ni à la cohérence de l’album.

La première référence qui vient immédiatement à l’esprit, c’est « Kid A » de Radiohead dont l’ombre est omniprésente dans l’album, mais pas seulement. « Clockwork » a quelque chose de foals-esque dans son intro et sa construction, comme un rappel déformé par la torpeur du sommeil à « Cafe D’Athens » (Foals, « Everything Not Saved Will be Lost, Pt. 1 »). « Departures » est au contraire plongé dans les nappes des synthés et les voix se perdent dans un ensemble indistinct avant de changer de direction. L’album s’achève sur un final instrumental, avant de laisser complètement place à l’inconscience du sommeil ? L’occasion pour nous de revenir au début de l’écoute.

 

 

Du studio à la scène

Forcément, on a quelques regrets à force de le décortiquer, mais plutôt mineurs. L’utilisation un peu trop systématique du vocoder tend à agacer quand la voix naturelle du chanteur porte si bien les émotions des chansons. Certaines chansons montent aussi bien en intensité, mais n’atteignent jamais l’explosion que l’on aurait pu attendre. Un poil frustrant, mais le live réservera sûrement des surprises.

Melatonin a attendu avant de sortir son premier album et l’on comprend parfaitement pourquoi. « Departures » se révèle dans les nombreuses écoutes qu’il impose si l’on veut tenter de saisir les nombreuses nuances. L’album est complexe et mature, preuve du projet très abouti du groupe. Signe de la reconnaissance du milieu, le groupe a été sélectionné dans le top 100 du Prix societe ricard live cette année… On a hâte de voir ce que l’album va donner en live !

 
 

Melatonin - Departures
7.7Note finale
Originalité8
Technique7.5
Plaisir à écouter7.5
0
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