C’est le retour d’un roi de la nuit grenobloise. Le Lamartine, célèbre club gay/lesbien des années 80′, fait son retour à Grenoble. Une petite bande de fêtard(e)s a décidé de racheter les locaux, qui accueillaient des clubs plus ou moins bien fréquentés depuis la fermeture du Lamartine historique. Au programme, des soirées de 23h à 7h à 10€ l’entrée + conso, mais surtout un lieu 100% ouvert à la communauté queer. Rencontre avec Stéphanie, la nouvelle patronne et Deedjo, le DJ résident de ce nouveau Lamartine.
 
 

Pourquoi décider aujourd’hui de ressusciter le Lamartine ?

Stéphanie : On voulait recréer un lieu festif à Grenoble parce qu’il y en a de moins en moins. Les enseignes ferment les unes après les autres. Les lieux gay manquent aussi. On répond à un besoin de la communauté.

Deedjo : On va lui rendre ses lettres de noblesse. Dans les années 80, c’était le lieu où il fallait venir. Parce que c’était petit, mais très sélect’. Quand quelqu’un rentrait, c’était tout de suite la fête. C’était le club gay et lesbien de référence à Grenoble. Il y avait aussi le George V qui tournait bien à l’époque. Mais ici c’était plus intime.

 

« Dans notre public il y a des performers, des gens qui font de la prestation drag, des jeunes qui touchent un peu en musique. C’est tout à fait possible d’en parler avec eux pour organiser un événement, par exemple. On est ouverts à l’envie de chacun »

 

Quel sera l’esprit de ce nouveau club ?

Stéphanie : Ce sera un lieu sans jugement. Dans la tolérance et l’ouverture. C’est ce qu’on veut. Que les gens viennent sans avoir la peur d’être jugés et dans un bon esprit, ouvert et de tolérance. Les personnes qui ne sont pas dans cet esprit-là ne sont pas invitées à venir.

Il y a aussi la possibilité d’interagir avec les clients. Dans notre public il y a des performers, des gens qui font de la prestation drag, des jeunes qui touchent un peu en musique. C’est tout à fait possible d’en parler avec eux pour organiser un événement, par exemple. On est ouverts à l’envie de chacun. On est pas fermés avec une idée précise. Il n’y a pas de codes, pas de règles.

Deedjo : On est aux antipodes des businessmen. C’est la communauté qui va prendre possession des lieux. Au fur et à mesure qu’ils viendront ça va leur appartenir. Ils seront comme à la maison.

 

lamartine grenoble - grenoble queer - boite de nuit gay grenoble

Le Lamartine ambitionne de devenir le nouveau lieu de rendez-vous de la communauté LGBTI grenobloise

Niveau musique, à quoi on peut s’attendre au Lamartine 2.0 ?

Deedjo : Il y aura de tout. Vraiment de tout. Ça va rester festif même si lors de la soirée d’ouverture ça sera un peu plus pointu. On ne va pas faire du « Fun radio », ça va envoyer. De l’électro comme on peut en trouver dans certains festivals. Ça va dépendre de comment les gens dansent. Je m’adapte beaucoup aux auditeurs. J’ai toujours la tête levée, jamais dans les platines.

Ça ne me dérange pas de passer des années 80 ou autre, pourvu qu’on s’amuse. L’objectif c’est qu’en sortant les gens aient la banane. Qu’ils se disent « putain, on s’est régalés, la musique était sympa ». Je ne vais pas marteler avec de la techno berlinoise, sauf si c’est une soirée spéciale. Quand on me demande un morceau je n’envoie pas chier les gens, j’ai plutôt tendance à dire « ah ouais, bonne idée ».

 

« On ne va pas faire du « Fun radio », ça va envoyer. De l’électro comme on peut en trouver dans certains festivals. »

 

Et si on te demande de passer « les Sardines » de Patrick Sébastien ?

Deedjo : Eh bah s’ils mettent une bouteille au comptoir, pourquoi pas ? (rires)

 

Depuis le Lamartine des années 80, il y a eu d’autres clubs à cette adresse, sans forcément de succès. Qu’est-ce qui vous fait dire que ça peut marcher ?

Stéphanie : Il y a toujours eu des boîtes ici. Celles qui n’ont pas marché n’étaient pas des boîtes gay. Ensuite il y a aussi la façon de la tenir. On essaye et on verra bien si on est mieux que les autres.

 

Les portes du Lamartine

À l’entrée du Lamartine, quelques règles de bonne conduite

Justement, est-ce que la question sécurité vous préoccupe sachant les animosités que peut susciter malgré elle la communauté LGBTI ?

Stéphanie : La porte sera bien filtrée. On a mis ce qu’il faut, avec le nombre d’agents de sécurité qu’il faut. On a pris une très bonne prestation pour que les gens se sentent en sécurité. Pas d’histoires.

Deedjo : Des histoires il n’y en aura ni dehors, ni dedans. De toutes façons ceux qui cherchent les problèmes, on les voit arriver. J’ai 27 ans de résidence dans les pattes, donc j’ai une bonne vue d’ensemble. En général, je les calme. Avec beaucoup de gentillesse, parce que ça ne sert à rien de s’énerver. Si je vois un regard un peu déplacé, un petit mot ou une petite bousculade, je leur parle et je les fais redescendre d’un étage. Et s’ils ne veulent pas, on va voir le portier et on les met dehors. C’est fini en deux minutes.

L’objectif, c’est vraiment la sécurité pour tout le monde. Les gens qui vont fréquenter l’établissement attendent aussi de la discrétion de notre part. Si on voit qu’il y en a un qui commence à filmer au téléphone, on lui fait effacer tout de suite. Ce qui se passe ici, reste ici.

 

 

error: Contenu protégé !