"Return of the Warlord" de Rising steel : True Heavy Metal !
6.7Note finale
Originalité5
Technique 8
Plaisir à écouter 7
Avis des lecteurs 3 Avis
7.7

«True Heavy Metal » ! Tel pourrait être le cri de ralliement des Grenoblois de Rising Steel. Après un  premier EP « Warlord » qui avait su éveiller l’intérêt tout en jouant sur la permanence d’un certain goût du public pour la cartouchière et la veste à patch, c’est à coup de hache, d’épée et de viking mort-vivant qu’ils reviennent avec un premier album justement nommé « Return of the Warlord » (efficacité du titre +10)

 
Rising Steel est avant tout un groupe nourri, façonné, imbibé des grandes références de la New Wave of British Heavy Metal que sont Judas Priest, Iron Maiden et autres Diamond Head et Def Leppard. Montrant un respect presque naïf au style et à toutes ses figures imposées, les cinq musiciens usent et abusent des recettes classiques du genre mais avec savoir-faire et respect.

Les plans de guitare baignent dans un triton satanique quasi constant relevés de façon systématique par des harmonies de guitare dont le copyright est à reverser de toute urgence aux guitaristes de Iron Maiden. Les riffs sont efficaces sans révolutionner quoi que ce soit mais à nouveau là n’est pas le propos. Judas Priest n’est jamais loin (« Never give up ») de même que certaines ambiances plus posées et sombres que l’on pourrait retrouver dans les albums solo de Bruce Dickinson. « Evil Master » nous sort l’arsenal des meilleurs messes noires avec ses paroles en guise d’incantation et son orgue démoniaque qui semble faire un petit clin d’oeil au groupe Ghost.

 

 

« Rising Steel », le titre éponyme du groupe, permet à moindre frais de reprendre bêtement en chœur le refrain, grand classique qui prend tout son sens en live où ce genre de titres deviennent vite des hymnes. Mais le groupe n’est pas qu’un habile mélange de références et d’influences passées à la moulinette métallique afin de sortir des titres à la chaîne. On sent le groupe avide de composer et proposer des titres avec une personnalité, reconnaissables les uns des autres et évitant l’effet tunnel d’un album où chaque titre est interchangeable et sans saveur.

Il faut dire aussi que les musiciens qui ne sont pas des perdreaux de l’année, y mettent du leur, à commencer par Emmanuelson qui nous sort le grand jeu dès les premières secondes du premier titre  « Breaking the silence » : notes hauts perchées à la Rob Halford (avec un poil moins d’énergie et d’agressivité malsaine que le maître) suivies d’un chant plein de caractère et d’expressivité dans le registre plus grave. C’est tellement connoté que certains traits vocaux tendent presque vers le clin d’œil référencé aux grandes voix heavys et à leurs gimmicks. On est loin de ce que l’on peut entendre dans un métal plus moderne, mais esthétiquement on est en plein dedans surtout que l’ensemble est de bonne qualité, maîtrisé et fait pleinement le job dans un style où la voix n’est pas une affaire à prendre à la légère. Certaines mélodies sembleront un peu convenues mais « Rising Steel » et «The Watcher » resteront tout de même ancrées dans vos crânes quelques temps !
 

 
La guitare soliste qui est souvent la idem pierre d’achoppement du genre se taille la part du lion et contentera l’auditeur à la recherche de solis pour chasser le dragon. Il y a du sextolet en veux-tu en voilà, du lyrisme à faire pleurer un orque en plein massacre de jeunes enfants, c’est un peu le 14 Juillet de la six cordes à chaque titre et pour le coup on n’en attendait pas moins ! Le tout est soutenu par une section rythmique solide et efficace qui a le bon goût de ne pas rentrer dans la course à l’armement parfois constatée dans un style où chaque musicien tente à tout prix de montrer à quel point il maîtrise son instrument en faisant étalage de tout son bagage technique. On est ici pour servir la musique en restant efficace et tendu comme le slip des gars des Manowar.

Si vous n’avez jamais été réellement dans le trip Iron Maiden et autres Judas Priestisité, il est clair que cet album risque de vous passer bien au-dessus de la frange en estimant que ce n’est pas possible en 2017 de continuer à faire ce genre de musique à la limite de la caricature. Le style en a vu d’autres et les détracteurs déjà bien nombreux vous dispensent de vous joindre à la meute pour hurler en choeur. Pour les mêmes raisons, les connaisseurs et aficionados du genre se tourneront vers cet album en connaissance de cause, appréciant de retrouver dans un groupe local le nerf et la passion typiques du genre. Vous voilà prévenus le Warlord est de retour et ce n’est pas pour couper du petit bois à la hache mais bien pour pourfendre vos conduits auditifs!