Le song-writer est un éternel voyageur. Tributaire de son propre cheminement il peut facilement se perdre et finir par tourner en rond, empruntant encore et encore le même chemin, franchissant avec aisance les mêmes obstacles, ou au contraire butant toujours sur le même petit caillou de travers. Avec son 6° album « Kid we own the summer » et après dix ans de carrière, le groupe H-Burns, originaire de Romans, semble décidé à ne toujours pas regarder en arrière et à avancer, quitte à prendre les chemins de traverse mais toujours en évitant de tomber dans l’ornière.

 

Et pourtant le chemin emprunté par celui qui se cache derrière H-Burns est tout sauf une autoroute bien droite. Folkeux minimaliste à ses débuts, nostalgique de l’alternatif rock à guitare à la sauce 90’s pendant un temps, Renaud Brustlein cherche depuis son album « Night Moves » une autre façon de se mettre en danger piochant dans les claviers, les longues réverbes et un son plus froid : une autre façon de grandir et de s’affranchir.

 

kids we own the summer - h burns - folk rock - groupe local romans« Kid we own the summer » s’inscrit pleinement dans cette évolution. Les arrangements restent riches, les nappes de claviers se superposent rehaussées de quelques cordes ou de guitares impressionnistes noyées d’effets, comme dans « We could be strangers ». La section rythmique discrète s’oublie même parfois pour laisser la place à quelques patterns de boites à rythme vintages (« I wasn’t trying to be your man »), franchissant même le rubicon des années 80 dans « Minor Days » ou « Naked », à la limite du pastiche, mais le bon goût en plus. Ce que H-Burns a perdu en immédiateté et en chair, il le gagne en ampleur sonore et en raffinement : l’énergie et la fougue de l’adolescence domptées par la maturité qui affirme peu à peu ses propres goûts.

« Linger on », qui clôture l’album, est à ce titre emblématique. Partant d’un simple guitare voix au plus proche de l’artiste, le titre évolue et laisse progressivement rentrer un piano électrique discret, puis un synthétiseur répétitif de plus en plus omniprésent ouvrant d’autant le son. Celui-ci finit par s’envoler laissant derrière lui la rythmique du début.

La qualité de composition est toujours intacte, transcendant n’importe quel arrangement pour arriver à cette sorte d’évidence rare où chaque mélodie semble avoir déjà été entendue précédemment, sans que l’on puisse pour autant mettre la main dessus. L’album sonne très actuel grâce à une production sur le fil, tout en mêlant habilement influences de toujours et nouveaux venus dans le panthéon personnel.

 

 

A l’écoute de ce « Kid we own the summer » parfois un peu nostalgique, on se dit que ce qui compte au final dans un voyage, ce n’est pas tant d’arriver à destination mais bien le chemin parcouru pour y arriver. H-Burns continue sa lente pérégrination à l’instinct, soumis aux aléas de la vie et de sa propre inspiration, continuant à chercher sa voie sur un chemin encore bien long où chaque intersection est autant de possibilités envisageables.

 

 

"Kid we own the summer" de H-Burns : un chemin pavé de bonnes intentions
7.3Note finale
Originalité 7
Technique 7
Plaisir à écouter 8
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8.5