Musicienne et compositrice, Julie Bally arpente la scène grenobloise depuis plusieurs années. Sa tournée tout juste achevée, elle revient pour une dernière date le 15 décembre à l’Engrenage à l’occasion de la soirée « A votre bon cœur de rocker » avant d’attaquer l’année 2018 avec la sortie de son premier EP « Where happiness born ». (Re)découverte d’une artiste discrète, qui pour autant ne passe pas inaperçue.

 

Dès l’adolescence, Julie Bally commence à écrire et jouer de la guitare folk : « Je faisais des reprises de Noir Désir, Nirvana, Tori Amos entre autres ». Influencée par le folk rock américain et le rock grunge de PJ Harvey et Patti Smith, elle développe peu à peu un univers « Indie rock dream pop » où sonorités électro et textes mélancoliques viennent se mêler à la puissance de son timbre.

 

 

L’artiste avoue d’ailleurs apprécier particulièrement The Knife, Alvvays ou encore Fever Ray. « Maintenant sur scène je ne me produis plus qu’en guitare électrique, donc je ne considère plus que c’est de la folk ». Sans oublier un certain goût pour l’éclectisme : « J’écoute du hip hop, du rap US, de l’électro. J’essaye d’écouter de plus en plus de techno. J’aime beaucoup Tricky, dans l’univers trip-hop ».

 

Un univers « noir, mélancolique et acidulé »

Avec maîtrise, cette compositrice aguerrie a choisi la langue de Shakespeare pour parler d’elle, « de [son] ressenti, des gens, des choses qui [la] préoccupent ». La raison est simple : « C’est une langue que j’aime beaucoup. Tout le rock que j’écoute vient des États-Unis ou d’Angleterre, les sonorités me plaisent beaucoup plus. A chanter c’est plus agréable, je me retrouve plus dans les accents ».

 

julie bally - scene locale grenoble - groupe musique grenoble - groupe rock grenoble

© DR

Et il est vrai qu’avec son timbre clair et intense, l’anglais se marie naturellement aux textes bruts et à l’univers « noir, mélancolique et acidulé » de la jeune femme. « Je suis assez cynique dans mes textes, j’utilise beaucoup de métaphores pour que tout le monde puisse s’approprier la chanson. Je parle beaucoup de la violence, de cette société mais je ne le dis pas clairement ».

 

« Je préfère les petites configurations »

Adepte d’une musique intimiste,  la musicienne privilégie la frugalité : « En live je ne tourne qu’avec un bassiste pour être plus proche du texte, de la mélodie, de la voix.  La  guitare est plus brute ». Un minimalisme qui se retrouve jusque dans les endroits où l’artiste se produit. Même si elle a joué dans divers lieux : Uriage en Voix, première partie du groupe Lady Sir à la MC2…  Julie Bally « préfère les petites configurations, limite sans scène dans le public ». 

 

julie bally - scene locale grenoble - groupe musique grenoble - groupe rock grenoble

© Kris’TyN GL

Cafés concerts, P’tit Perrière... « Ce sont des configurations où on doit se débrouiller avec la place qu’on a, et c’est beaucoup plus proche de ce que j’aime faire parce que les gens sont directement concernés par la musique. Ils sont devant, ça me plait beaucoup plus d’être dans ce cadre là. »

La chanteuse sera d’ailleurs accompagnée de son bassiste au café associatif l’Engrenage le 15 décembre pour une dernière date dans le cadre de la soirée « A votre bon cœur de rocker » où tous les dons seront reversés à l’association l’Enfant bleu.

 

Un premier EP et une tournée pour 2018

Loin de lambiner, Julie Bally reviendra avec son premier EP « Where happiness born » en mars 2018 : « J’ai enregistré l’EP avec un batteur et un bassiste et j’ai fait tous les arrangements moi-même. […] Je vais lancer une campagne d’auto-financement autour du 15 janvier pour financer cet EP justement ».

Sans négliger la préparation d’une tournée. « Je voudrais sortir de Grenoble , aller ailleurs. J’adorerais jouer en Angleterre, en Europe de l’Est, même aux États-Unis mais les conditions sont un peu particulières à l’étranger. […] Pour l’instant je n’ai pas encore démarché de date, c’est le hasard… on m’appelle, ce sont des rencontres, parfois qui mènent à des dates ».